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C'est pour moi un véritable plaisir de saluer l'édition en langue anglaise de l'ouvrage du professeur Dusan Sidjanski sur l'avenir fédéraliste de l'Europe. Si j'en crois l'introduction d'Harold K. Jacobson, cette publication vient à la fois combler une lacune - la sous-estimation des positions fédéralistes dans les études anglo-saxonnes sur la construction européenne - et la combler de belle manière puisque la présente édition actualise les données d'un ouvrage devenu chez nous, depuis près de dix ans, un classique de l'analyse européenne. La pensée fédéraliste a en effet imprégné toute l'histoire de la construction européenne. Omniprésente à ses origines, elle a sous-entendu, de façon parfois souterraine, les grandes étapes de son histoire, ne serait-ce que par le projet Spinelli, qui a été à l'origine de la relance de la dynamique de l'intégration au milieu des années 80, et par beaucoup de prises de position politiques qui se sont manifestées lors des élections au Parlement Européen de 1999. Cette pensée entretient un rapport singulier avec les approches neo-fonctionnalistes qui sont plus familières au lecteur anglophone, en ce sens que les échecs de chacune ont successivement nourri les succès de l'autre, selon une dialectique historique qui n'est probablement pas close. S'il est clair en effet que l'échec de la volonté initiale d'aborder de front la dimension politique de l'intégration européenne a été à l'origine de la méthode fonctionnaliste Monnet-Schuman, il est tout aussi clair que l'échec relatif de cette dernière - la théorie de "l'engrenage" fonctionnant certes, mais uniquement dans la sphère économique - a conduit à réactualiser les visées plus directement politiques dans la période qui va de l'Acte Unique aux Traités de Maastricht et d'Amsterdam. A l'heure où, pour éclairer le défi conceptuel que représente un élargissement de l'Union Européenne, sans commune mesure avec les expériences passées, la seule certitude que nous ayons est que l'Europe, dans son perpétuel devenir, ne peut se référer à aucun schéma préétabli, ou modèle historique antérieur, la relecture de cette aventure, que nous propose Dusan Sidjanski, à la lumière de l'une de ses inspirations les plus profondes et les plus permanentes, est particulièrement opportune. Elle est d'autant plus bienvenue que l'ouvrage que vous
avez sous les yeux ne se contente pas d'une relecture de
l'histoire de la construction européenne, mais
développe une analyse critique de ce que l'auteur
qualifie de "fédéralisme européen".
Essayant d'intégrer tous les épisodes et
toutes les sources de l'aventure européenne, je ne
peux aller jusqu'à dire que cette analyse est la
source unique de ma réflexion. Il est clair en tout
cas qu'elle est une des plus fécondes et des plus
éclairantes pour l'avenir à la fois difficile
et exaltant de l'Europe. |
webmaistre: Barbara Smith