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L'Avenir fédéraliste de l'Europe

L'Avenir fédéraliste de l'Europe: la Communauté Européenne des origines au traité de Maastricht
Dusan Sidjanski

ISBN:2-13-0-44-944-1
Publié par: PUF, Coll. IUEE, Paris
Date: 1992, 1993

Introduction par J. Delors

Avant-propos de H. K. Jacobson

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dusan.sidjanski@politic.unige.ch

 

Mémorandum sur le Centre européen de la (2)
Dusan Sidjanski

I - Cessation des activités du Centre et sa fermeture


Le Conseil d'Etat ni aucune autorité politique n'ont la compétence pour décider de la cessation des activités du Centre européen de la Culture. En imposant en tant que condition de l'octroi d'une ultime subvention la cessation des activités du Centre, le Conseil d'Etat a outrepassé ses pouvoirs à l'égard d'une association sans but lucratif régie par les articles 60 et ss du Code civil suisse (art. 1er des statuts du Centre européen de la Culture). En effet, si le Conseil d'Etat a la faculté d'inscrire à son budget une dernière subvention au CEC pour 2002, il ne semble pas avoir le droit de décider de la cessation des activités d'une organisation non gouvernementale autonome. D'autant plus que cette décision implique indirectement la dissolution du Centre. La suppression de la subvention de l'Etat de Genève n'a pour conséquence que la cessation d'un certain nombre d'activités du Centre mais nullement la cessation de toutes ses activités et notamment celles qui ne dépendent pas de sa subvention. En déclarant la cessation de toutes les activités du Centre, le gouvernement genevois a de surcroît exercé une pression sur les membres du Centre (la lettre du DIP a été lue à l'Assemblée générale du Centre le 20 septembre 2001 avec l'effet que l'on connaît ; la première lettre témoigne de l'intention du DIP).

De toute évidence, la décision du Conseil d'Etat ne peut conduire à la cessation de certaines activités du Centre que le Département fédéral des affaires étrangères est prêt à continuer de financer sous forme de mandats (lettre du Conseiller fédéral du 2 novembre 2001). Il en va de même pour d'autres activités actuelles ou futures que les institutions publiques ou privées soutiennent ou sont disposées à soutenir.

Première conclusion :

a) le CEC a non seulement le droit mais aussi le devoir de remplir ses obligations vis-à-vis d'autres institutions ; aucun décret gouvernemental ne peut l'empêcher d'accomplir ses tâches, voire de développer des nouvelles activités et de nouveaux projets ;

b) le Conseil d'Etat en décidant la cessation des activités du Centre a outrepassé ses compétences.

 

II - Question de la dissolution du CEC (« fermeture »)


La procédure de dissolution est définie par l'article 18 des statuts du Centre européen de la Culture.

Article 18

Dissolution

 

« 1. La dissolution du Centre Européen de la Culture peut soit êt re proposée par le Comité directeur, soit demandée par un tiers des membres. Dans ce dernier cas, l'Article 17, alinéa 2 s'applique.

2. La demande de dissolution doit être soumise à une Assemblée générale spécialement convoquée à cet effet avec un préavis de deux mois.

3. Pour être admise, la demande de dissolution doit être approuvée par deux tiers au moins des membres ayant droit de vote. »

Il ressort de l'alinéa 1. que la dissolution peut être proposée soit par le Comité directeur soit demandée par un tiers des membres. Si elle n'émane pas du Comité directeur, la demande doit lui parvenir au moins trois mois avant l'Assemblée générale. Cette demande doit être transmise aux membres individuels avec la convocation de l'Assemblée générale (Art. 17, al. 2). Cette demande n'a pas été envoyée aux membres individuels avec la convocation de l'Assemblée générale du 20 septembre 2001.

A ma connaissance, la dissolution n'a pas été proposée par le Comité directeur. Aucune demande de dissolution n'a été soumise à une Assemblée générale spécialement convoquée à cet effet avec un préavis de deux mois (Art. 18, al. 2). Qui plus est l'ordre du jour de l'Assemblée générale ne contenait aucun point qui pouvait laisser prévoir une discussion sur la dissolution éventuelle et encore moins une décision sur la dissolution. Le Président ad intérim, juriste et coauteur des statuts, ne peut invoquer une omission involontaire. Sur cet aspect aussi, les Statuts sont clairs : « L'Assemblée a la faculté de discuter de toute question mais ne peut prendre de décisions qu'au sujet des points mentionnés dans la convocation » (Art. 10, al. 3). Si cette règle vaut pour toute question a fortiori elle s'applique aux problèmes de dissolution qui exigent des conditions plus strictes.

Non seulement l'ordre du jour ne mentionnait nullement la question de dissolution mais au contraire, il contenait une série de points habituels dont le programme 2001. Certes certains ont eu connaissance de la lettre que la Présidente du DIP a adressée au Président ad intérim. Mais rien ne laissait présager la fin du CEC d'autant plus que le Président ad intérim avait pris soin d'inviter les membres à préparer des projets pour les présenter à l'Assemblée. Répondant à son appel, le professeur Curt Gasteyger et moi-même notamment avons élaboré des projets et les avons soumis à l'Assemblée. A la suite des divers exposés tournés vers l'avenir, est intervenu un « coup d'Etat » : la lecture de la lettre de la Présidente du DIP par un ancien membre du Comité directeur qui dans le même souffle a demandé de mettre fin au CEC. Cette thèse a été soutenue par le professeur Gilles Petitpierre, ancien membre du Comité directeur et neveu de Denis de Rougemont. A la suite d'un débat confus, un vote a eu lieu. J'ai déclaré que ce vote (10 pour, 1 abstention et mon vote contre) ne pouvait être qu'indicatif et qu'il n'avait pas de valeur de décision puisque la procédure de dissolution n'avait pas été respectée. A ce titre, ce vote est nul et non avenu. Les précisions à ce sujet manquent car le procès-verbal n'a pas été envoyé aux membres présents à ce jour.

Deuxième conclusion :

Il n'y a pas eu de décision concernant « la fermeture du Centre ». Telle est la conclusion qui s'impose dans le cadre de notre Etat de droit et d'après le Code civil suisse.

 

III - Questions des responsabilités


Selon l'article 11, al. 1 des statuts, le Comité directeur assume collégialement la responsabilité des activités et de l'administration de l'Association.

 

Il s'ensuit qu'avant d'envisager une hypothétique dissolution, il faudra établir la part des responsabilités des membres anciens et actuels du Comité directeur et de l'ancien Président-directeur en particulier. Les membres du Grand Conseil qui auront à se prononcer sur la subvention au CEC et les contribuables genevois ont droit à une information précise sur leurs responsabilités quant à la dégradation du CEC et sa mauvaise gestion des projets notamment ainsi que sur les raisons qui ont conduit le Conseil d'Etat à envisager la suppression de la subvention au CEC. Dès lors toute la lumière doit être faite sur les activités du CEC, l'utilisation des fonds publics et privés ainsi que sur le contrôle exercé par les bailleurs de fonds. La dissolution du CEC ne peut servir à occulter les responsabilités des principaux acteurs, leurs éventuelles fautes ou leurs négligences. Cependant, j'attends toujours les procès-verbaux de l'Assemblée générale du 20 septembre 2001 pour pouvoir faire valoir juridiquement mon opposition à la prétendue décision de fermeture du CEC.

 

Conclusion


Pour des raisons que j'ai eu l'occasion d'exposer dans divers documents et articles, je suis convaincu de la nécessité d'assainir la situation puis de relancer sur des bases solides les activités du Centre Européen de la Culture. Ce symbole de l'Europe culturelle, œuvre de Denis de Rougemont mérite davantage que cette « fermeture » peu glorieuse. D'autant que des voix se sont fait entendre en Europe (Union européenne des fédéralistes &endash; Appel pour la relance du Centre Européen de la Culture du 14 octobre 2001) comme à Genève et en Suisse pour demander que la situation du CEC soit assainie et ses activités ranimées conformément à sa mission. C'est pourquoi je m'oppose formellement à la « fermeture » du Centre européen de la Culture » et demande au gouvernement genevois de ne pas empêcher la renaissance du Centre.


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