CEC Centre europ/Schneider21.05.02
-
- Me Michael E. Schneider
Vice-Président du
Centre Européen de la
Culture
c/o Etude Lalive &
Associés
6, rue de
l'Athénée
1205 Genève
Genève, le 21 mai 2002
Monsieur le Vice-Président,
J'accuse réception de votre lettre du 25 avril
2002 par laquelle vous avez convoqué
l'Assemblée générale en nous
proposant la dissolution de l'Association du CEC.
A ce propos, je voudrais vous faire part de la mise au
point suivante :
1. Depuis l'année passée, je vous ai
réclamé à plusieurs reprises les
procès-verbaux de l'Assemblée
générale du 20 septembre 2001. Vous n'avez
pas jugé utile de me les envoyer malgré mon
insistance et l'obligation qui était la
vôtre. Connaissant l'étude Lalive, il m'est
difficile d'attribuer cette négligence à
son secrétariat.
2. Dans ces conditions, vous n'avez pas seulement
rendu difficiles mes démarches et mes efforts pour
concrétiser les diverses promesses de soutien.
Vous avez en réalité empêché
toutes négociations sérieuses avec les
institutions et les fondations que j'avais
approchées. Qui plus est vous avez rendu caducs
les espoirs que le Centre pouvait nourrir au vu des
lettres de Madame Ruth Dreifuss et de Monsieur Joseph
Deiss, conseillers fédéraux chargés
respectivement du Département
fédéral de l'Intérieur et du
Département fédéral des affaires
étrangères.
3. A plusieurs reprises, je vous ai demandé de
m'envoyer la liste et les adresses des membres du Centre
afin que je puisse entrer en contact avec eux et leur
exposer les raisons pour lesquelles l'Association du CEC
doit continuer d'exister. Je n'ai jamais reçu de
réponse de votre part.
4. Dans votre lettre vous prenez la
responsabilité de proposer la dissolution de
l'Association du CEC. La dissolution que vous avez
programmée aura de graves conséquences non
seulement aux plans genevois et suisse mais surtout au
niveau européen.
5. Vous n'êtes pas sans savoir que le CEC avait
organisé un Congrès européen
à Lisbonne et que M. José Durao Barroso, le
premier ministre portugais, à l'époque
ministre des affaires étrangères, en a
été la cheville ouvrière.
Très attaché à l'uvre et
à l'action de Denis de Rougemont dont le Centre
est un des symboles, M. José Durao Barroso, mon
ancien assistant au Département de science
politique, a toujours suivi l'évolution du Centre.
Comment expliquer la dissolution de l'Association du CEC
et la disparition du Centre aux personnalités et
institutions européennes ?
6. Je vous tiens pour directement responsable en tant
que Vice-Président et un des plus anciens membres
du Comité de direction du CEC du déclin du
Centre, de la mauvaise gestion qui a conduit à
l'endettement du Centre et à la cessation de ses
activités. La dissolution que vous proposez ne
vous dégage nullement de vos
responsabilités que vous devez assumer avec
l'ancien Directeur et le Comité de direction du
Centre.
7. Vous serez personnellement responsable des effets
négatifs que la dissolution aura sur l'image de
Genève et de la Suisse. En clair, il ne s'agit pas
là d'une décision locale mais d'un acte de
portée européenne qui rejaillira sur les
relations de la Suisse avec les institutions
européennes et affectera la politique
européenne de la Suisse.
8. L'Association du CEC bien que de droit suisse est
une association créée par le Congrès
de La Haye en 1948 et investie d'une mission
européenne. Il est pour le moins paradoxal que le
sort de cette Association soit aujourd'hui confié
à quelques membres locaux et qu'au moment
où la Suisse a le plus besoin de développer
ces liens avec l'Union européenne, un groupuscule
sous votre houlette puisse décider la dissolution
de cette Association.
9. En cas de dissolution, je me réserve le
droit d'exiger que toute la lumière soit faite et
de porter cette affaire si nécessaire à la
fois devant la justice et devant l'opinion publique.
C'est l'ultime hommage que je compte rendre à
Denis de Rougemont.
Veuillez agréer, Monsieur le
Vice-Président, mes salutations
distinguées.
- Professeur Dusan Sidjanski

Copies : à Mme Micheline Calmy-Rey,
Présidente du Conseil d'Etat, à Mme Martine
Brunschwig-Graf, Présidente du DIP et au Prof.
Philippe Braillard, Directeur de l'Institut
européen de l'Université de
Genève
Professeur Dusan SIDJANSKI
33, chemin de l'Avanchet
Case postale 81
CH-1216 Cointrin-Genève
Tél. +41 22 920 94 71
Fax +41 22 920 94 76
E-mail dusan.sidjanski@politic.unige.ch
Site web www.eurofederalism.com
Genève, le 10 juin 2002
Centre Européen de la Culture
Monsieur le Vice-Président,
J'ai bien reçu votre lettre du 3 juin 2002 et
vous en remercie.
1. Votre mérite est d'avoir assaini la
situation financière et d'avoir
libéré l'Association de ses
handicaps.em
2. Contrairement à votre affirmation, vous
n'avez rien fait pour faciliter les démarches
visant à maintenir l'Association du CEC. En effet,
vous m'avez par omission privé des informations
essentielles pour toute démarche concrète.
C'était d'autant plus grave qu'ayant quitté
l'Assemblée générale du 20.9.01
avant la fin, je n'ai eu connaissance de ses conclusions
Le communiqué de presse laconique n'était
de toute évidence pas suffisant.
3. Comme il ressort des copies des e-mails que je vous
avais adressés depuis octobre 2001, vous ne m'avez
jamais répondu. A plusieurs reprises, votre
secrétaire m'avait informé que dès
votre retour de voyage vous alliez m'envoyer les
procès-verbaux. Ces promesses n'ont jamais connu
de suite de votre part. Or, vous n'êtes sans savoir
que selon l'art. 10, al. 6 « Le procès-verbal
est adressé à chaque membre dans les
meilleurs délais ».
Vous n'avez pas de toute évidence
respectée cette obligation. Cette carence est
d'autant plus grave qu'il s'agissait de l'avenir de
l'Association.
4. Ce n'est qu'après l'intervention de mon
avocat Me Jean-François Marti que vous m'avez fait
parvenir le procès-verbal de l'Assemblée
générale du 20.9.01 en annexe de votre
lettre du 3 juin 2002.
5. Vous m'avez annoncé lors de notre entretien
téléphonique du 25 janvier 2002, à
savoir 5 mois après l'Assemblée
générale du 20.9.01 que le
procès-verbal allait m'être envoyé
immédiatement. Cela n'ayant pas été
fait, vous reconnaissez dans votre lettre du 3.6.02 qu'il
s'agit d'une omission. A mon avis à elle seule
cette omission constitue un vice de forme qui rend caduc
votre proposition de dissolution.
De surcroît, cette omission a rendu difficile,
sinon impossible, toute initiative constructive.
6. Ce n'est que le 6 juin 2002 que j'ai appris que M.
Daccord devait préparer, en consultation avec les
Prof. G. Gasteyger, Gilles Petitpierre et moi-même,
la proposition d'un nouveau comité directeur.
J'ignorais jusqu'au 6 juin cette décision qui
d'ailleurs n'avait été suivie d'aucune
initiative ou consultation de la part de M. Daccord.
7. J'apprends en même temps que ce
procès-verbal a été
rédigé par Olivia Firman et revu par Anne
Bruschweiler et Françoise Simonin. Vous en
endossez la responsabilité sans avoir pris la
peine d'apposer votre signature in d'indiquer le lieu et
la date. En conséquence, je vous demande de me
faire savoir à quelle date, ce
procès-verbal a été
rédigé, révisé et
signé par vous.
8. Je vous ai prié de me faire parvenir le
nombre de membres du CEC ainsi que leurs noms et adresses
afin que je puisse prendre contact avec certains d'entre
eux au moins. Je compte sur vous pour me faire envoyer
dans les plus brefs délais la liste des membres.
Je pense que ce serait la preuve de votre volonté
de transparence et de votre attitude ouverte aux
initiatives contrairement à l'impression que vous
m'avez laissée par vos retards et omissions. C'est
un test quant à vos réelles intentions.
9. J'ai pris connaissance de mes interventions tout en
constatant que mon nom ne figure pas parmi les
présents.
10. J'insiste sur le fait qu'une série de non
réponses et d'omissions de votre part m'ont
empêché d'entreprendre des démarches
sérieuses auprès des Fondations et de
poursuivre les négociations que j'ai
entamées sans avoir les informations
indispensables. Il est pour le moins paradoxal de
constater que vous vous êtes arrogé la
liberté de nous fixer des délais que de
votre part vous n'avez pas respectés.
11. La dissolution du Centre que vous proposez est un
acte dont la gravité semble vous échapper.
Cet acte risque de porter un coup sérieux à
l'image de Genève et de la Suisse sans compter les
retombés qu'il aura sur vous et ceux qui avec vous
proposent et soutiennent la dissolution de l'Association
du CEC.
Au moment où les premiers accords
bilatéraux entrent en vigueur, la Suisse
éprouve des difficultés dans la suite des
négociations avec l'UE. De surcroît son
secret bancaire est attaqué par les Etats-Unis et
le Royaume-Uni en particulier. Croyez-vous que le moment
est propice pour liquider une association
européenne , symbole de l'action de Denis de
Rougemont ?
12. Comme le prouvent les réactions de la part
du Directeur des Colloques de Liechtenstein et du
responsable de l'Académie cycladique pour
l'Europe, les négociations ont dû être
suspendues à la suite de votre proposition.
J'attire votre attention sur le fait que le Premier
Ministre du Portugal vient de prendre l'initiative d'une
2è Conférence de Lisbonne en collaboration
avec le Centre sur un thème des plus actuels de
dialogue des cultures.
13. Suite à ces démarches que j'ai
entreprises au niveau européen et suisse pour
relancer certaines activités du Centre,
croyez-vous qu'une éventuelle décision de
dissoudre le Centre - que je compte combattre de toutes
mes forces et par tous les moyens légaux &endash;
passerait inaperçue à Genève,
à Berne et en Europe ; et qu'elle sera au
bénéfice de la Suisse ?
14. De nombreux amis du Centre et moi-même avons
l'intention de préserver l'Association, et de
défendre sa mission européenne pour
laquelle Denis de Rougemont a ouvré sans
répit et en dépit de nombreuses
difficultés au plan local. Il faut non seulement
préserver cette dimension européenne de
l'ouvre de Denis de Rougemont mais aussi transmettre son
message aux jeunes générations de Suisses
et d'Européens. Enfin, je souhaite que le
réseau européen que j'ai tissé au
cours de mon long parcours européen puisse
être repris par le Centre Européen de la
Culture.
15. J'espère qu'au vu de nombreux
témoignages en faveur de la survie et de la
reprise des activités du Centre vous changerez
d'opinion et vous laisserez vivre l'Association du CEC.
Vous avez accompli certes une tâche difficile en
assainissant la situation du Centre, il est temps que
vous nous aidiez à faire revivre le Centre de
Denis de Rougemont. De la sorte, vous rendrez hommage
à Denis de Rougemont et vous apportez la preuve de
votre bonne volonté.
16. Dois-je vous rappeler une fois de plus à
votre intention ainsi qu'à celle du Directeur de
l'IEUG que l'Institut européen de
l'Université de Genève fait partie
intégrante d'une université cantonale
suisse et qu'il est tenu de respecter les règles
académiques qui impliquent des enseignements et
des recherches scientifiques et « objectives ».
Et que d'aucune manière il n'a la faculté
de reprendre les missions européennes du Centre
qui consistent en une réflexion sur la culture
européenne comme la définissait Denis de
Rougemont, réflexion qui est à la base de
l'action de promotion au niveau européen et de
diverses initiatives.
Le Centre bien que régi pour des raisons
pratiques par le Code Civil suisse sur les associations,
n'en est pas moins une institution non gouvernementale
européenne comme en témoignent son origine,
son uvre et la présence autrefois des
grandes personnalités européennes dans son
Conseil de patronage et dans ses conférences. Ce
n'est pas parce qu'au cours de ces dernières
années, sous la direction de son PDG, il a
été réduit à un Centre local
sans rayonnement européen, qu'il faut
détruire cette institution qui garde un potentiel
européen et présente une opportunité
pour que la Suisse apporte à travers ce Centre une
contribution à la culture européenne,
à l'éducation civique européenne et
à la diffusion de l'esprit et de la méthode
du fédéralisme.
17. En terminant cette lettre, je vous informe qu'avec
plusieurs amis du Centre et admirateurs de l'uvre
de Denis de Rougemont, nous nous proposons de
créer un site web « Pour la relance du Centre
Européen de la culture » à moins
qu'avec le consentement de l'Assemblée
générale nous puissions utiliser le site
existant du CEC.
En attendant, j'aimerais savoir si le site du CEC est
à la disposition de ses membres et s'il est ouvert
au débat sur l'avenir du CEC. Si oui, comment
procéder, à qui s'adresser ?
Dès à présent, je compte ouvrir
une rubrique de mon site « www.eurofederalism.com
» à nos interventions en faveur de la
réactivation du CEC.
Veuillez agréer, Monsieur le
Vice-Président, mes salutations
distinguées.
Dusan Sidjanski
cc : Madame Micheline Calmy-Rey, Présidente du
Conseil d'Etat
Madame Martine Brunschwig-Graf, Présidente du
Département de l'Instruction Publique
Professeur Philippe Braillard, Directeur de l'Institut
européen de l'Université de
Genève
« Groupes d'initiatives » et Membres et futurs
membres du CEC